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Membres à l’honneur — Création d’un écosystème avec CGS

Décembre 6, 2023

Chaque trimestre, le RCDÉC envoie à ses membres un bulletin exclusif, rempli de perspectives précieuses, de mises à jour et d’occasions provenant du réseau et d’au-delà. Chaque bulletin met aussi en lumière un membre et le travail important qu’il accomplit.

Pour ce bulletin, le RCDÉC a mis en lumière Common Good Solutions (CGS), une organisation membre qui travaille dans l’ensemble de la région atlantique. Le projet suivant fait partie du programme d’initiatives régionales du RCDÉC, une initiative de « construction d’écosystème » qui soutient des projets à l’échelle provinciale et panprovinciale. Melissa Sinfield, gérante du programme d’initiatives régionales, a interviewé Chelsey MacNeil, la présidente de l’organisation, du travail fait par CGS pour construire un écosystème atlantique.


Du 25 au 27 septembre 2023, environ 170 organisations à vocation sociale et agents de changement de l’ensemble de la région atlantique se sont rassemblés à St. John’s (T.-N.-L. pour faire des liens et travailler à la création d’un écosystème régional plus fort. Le premier Atlantic Social Impact Exchange Summit qui a rassemblé ces réseaux a été organisé par l’un de nos membres, Common Good Solutions (CGS), et a été soutenu par le programme d’initiatives régionales du RCDÉC. Le sommet fait partie de l’approche de construction d’écosystème de CGS qui commence maintenant la prochaine phase du projet. CGS espère tirer partie de l’élan des plus de 170 personnes qui y ont participé pour générer des liens plus solides et durables et une vision partagée.

Pourquoi est-ce important de construire un écosystème en Atlantique?

Melissa Sinfield: Que signifie la construction d’un écosystème pour vous?

Chelsey MacNeil: La construction d’un écosystème au Canada Atlantique est un effort délibéré pour cultiver des relations interreliées, des ressources et des occasions au sein de la région. Cette approche est essentielle pour la construction à partir de la base d’une stratégie génératrice qui aborde les défis et les occasions uniques du Canada Atlantique. En fournissant des mécanismes pour la collaboration et la coordination entre les diverses parties prenantes, incluant les OSBL, les entrepreneurs, les entrepreneures, les investisseurs, les investisseuses, les entités gouvernementales et les organisations communautaires, la construction d’un écosystème crée un environnement où les initiatives peuvent prendre racine, fleurir et avoir un impact durable. Dans le contexte du Canada Atlantique, une approche à partir de la base souligne l’importance des solutions menées par les communautés, de tirer profit des forces et des perspectives des personnes et des organisations au sein de la région. Ceci améliore la résilience et l’autodétermination de la région tout en assurant que l’écosystème reflète les divers besoins et les diverses aspirations de ses communautés et en contribuant à de la croissance continue et un impact positif. Un écosystème peut mettre au défi les structures traditionnelles du pouvoir, démocratiser l’accès aux ressources et promouvoir la prise de décision collaborative, générant ainsi un écosystème plus inclusif et équitable.

MS: Quelle fut l’étincelle qui a provoqué ce projet sur lequel vous travaillez, ou quel était le désir sous-jacent ou la motivation?

CM: L’étincelle qui a provoqué ce projet était la reconnaissance des occasions qui se trouvent au sein des défis du Canada Atlantique. La motivation est le désir d’aborder les défis urgents auxquels la région fait face, y compris les populations vieillissantes, les problématiques de soin de santé, le logement et l’itinérance, la stagnation économique, les changements démographiques et les ressources philanthropiques limitées. La force motrice du projet est l’engagement à créer un écosystème coordonné, inclusif et innovateur qui autonomise les personnes et les organisations au Canada Atlantique pour accéder aux ressources, à la capacité et au soutien nécessaire afin de mener du changement positif. Ce projet est ancré dans la croyance qu’en travaillant stratégiquement ensemble et en abordant les besoins et aspirations uniques de la région, le Canada Atlantique peut atteindre une croissance soutenue et créer un impact positif important.

Notre projet de construction d’écosystème utilise une approche unique en se concentrant sur la construction d’un écosystème panprovincial au sein du Canada Atlantique. Alors que plusieurs initiatives de construction d’écosystème se concentrent sur une seule ville ou région, notre projet cherche à unir les quatre provinces du Canada Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) en un écosystème cohésif. En démantelant les silos provinciaux et en créant les conditions pour la collaboration à une échelle régionale, nous pouvons aborder des défis partagés et tirer profit d’occasions communes.

Le réseau a pour but de faciliter l’échange de connaissances, d’expériences et d’apprentissages entre les provinces. Il permet aux parties prenantes de bénéficier des succès et des innovations de leurs contreparties, menant à une approche plus complète et efficace à la construction d’un écosystème.

En regroupant les ressources et l’expertise de multiples provinces, le réseau d’écosystème panprovincial devient une force plus puissante pour revendiquer pour des changements de politiques, attirer les investissements et propulser l’impact social. Cette force collective améliore la capacité de la région à aborder les défis complexes.

Naviguer les défis

MS: Qu’est-ce qui distingue ce projet d’autre travail d’organisation?

CM: Au cours des premières étapes de notre projet de construction d’un écosystème au Canada Atlantique, nous avons beaucoup appris. Coordonner les efforts à l’échelle de quatre provinces distinctes ayant des politiques et des priorités différentes exige de la communication continue. Assurer l’inclusivité de toutes les régions et communautés, y compris les régions mal desservies ou éloignées, pose des difficultés qui exigent de la planification et des ressources additionnelles. Mobiliser les ressources nécessaires, tant financières que sur le plan de la capacité, est un défi continu, puisque la construction d’un écosystème durable exige un investissement continu et une vision à long terme. Nous reconnaissons aussi que d’impliquer des organisations communautaires diverses et créer de la confiance exige du temps et des efforts. Une approche itérative qui permet l’adaptation et la flexibilité est essentielle pour surmonter ces défis et raffiner la stratégie de construction d’un écosystème.

Choisir le nom du sommet

Note de l’éditrice: Une composante de ce projet a été l’Atlantic Social Impact Exchange Summit inaugural conçu pour rassembler des acteurs de toute la région.

MS: Quelle était l’intentionnalité derrière le fait d’inclure « impact social » dans le nom du sommet même si le sommet de cette année était fortement axé sur la finance sociale et quelle était l’importance de ce nom?

CM: Le choix d’utiliser « impact social » dans le nom du sommet tout en se concentrant fortement sur la finance sociale comporte plusieurs niveaux de signification. En premier lieu, cela souligne la mission et le but plus large de l’initiative. Bien que l’objectif immédiat du sommet soit la finance sociale, le but est de stimuler l’impact social positif au Canada Atlantique. Cela souligne que l’impact social est le but ultime, le « pourquoi » qui sous-tend tout l’effort. La finance, bien qu’importante, est un moyen d’arriver à une fin, un outil puissant pour atteindre un impact social et aborder les défis urgents de la région.

De plus, le choix de ce titre reflète un engagement face au processus de développer l’écosystème avec le pourquoi clairement en vue. Cela accentue que le sommet n’est pas seulement sur la finance, mais aussi sur la création d’un changement important et durable au sein de la région. Cela reconnaît que l’impact social est le point de mire, et qu’il ne peut être atteint que lorsqu’il y a un écosystème soutenant et stratégique en place pour construire la culture que nous souhaitons. Cet écosystème englobe la création de capacité, le développement de politiques et l’engagement communautaire, tous des éléments qui visent une culture nourrissante d’impact social.

De plus, le titre reflète l’intention de rassembler une gamme diverse de parties prenantes de divers secteurs, incluant le gouvernement, les OSBL, les entreprises et les entreprises sociales. Il signale que le sommet est une plateforme de collaboration et de partage de connaissances où tous les participants peuvent contribuer à l’objectif plus large de créer un impact social positif au Canada Atlantique, reconnaissant que la finance seule n’atteindra pas les résultats souhaités. Ce sont les efforts collectifs au sein de l’écosystème qui stimuleront le changement culturel menant à l’impact social.

Premiers apprentissages sur la construction d’un écosystème

MS: En se fondant sur cette étape préliminaire, y a-t-il des apprentissages ou des découvertes que vous pourriez partager avec d’autres personnes qui essaient de construire des écosystèmes?

CM: Même à cette étape préliminaire de la construction d’un écosystème, il y a des apprentissages et des découvertes importantes qui peuvent donner des perspectives à d’autres personnes qui s’engagent dans des parcours similaires :

  • La collaboration est la clé : La collaboration entre diverses parties prenantes est la base d’un écosystème réussi. Encouragez le dialogue ouvert, la participation active et la propriété partagée entre toutes les parties prenantes, incluant le gouvernement, les acteurs de la finance sociale, les institutions et les organisations communautaires.
  • L’inclusivité importe : Assurez-vous que vos efforts de construction d’un écosystème sont inclusifs et accessibles à toutes et tous, peu importe l’emplacement géographique ou le type d’organisation. Accordez la priorité à la diversité dans la participation pour créer un écosystème plus dynamique et innovant.
  • Tirer profit des ressources et réseaux existants : Identifiez et tirez profit des ressources et initiatives existantes dans la région. Collaborer avec des organisations et réseaux établis peut accélérer le développement d’écosystème.
  • Se concentrer sur l’objectif ultime : Bien que des initiatives précises comme la finance sociale sont importantes, gardez toujours en tête l’objectif plus large d’atteindre l’impact social. Reconnaître que la finance, la création de capacité et les politiques sont des moyens d’arriver à une fin, et que le résultat est un impact positif et durable sur la communauté.
  • Apprendre des autres : Étudiez et apprenez d’autres initiatives réussies de construction d’écosystème, tant dans votre région qu’à l’échelle mondiale. Adoptez les meilleures pratiques et adaptez-les à votre contexte précis.
  • La flexibilité est la clé : Soyez prêt à vous adapter et à pivoter selon le cas. La construction d’un écosystème est un processus itératif et votre stratégie peut évoluer à mesure que vous faites des découvertes et au fil de vos expériences.
  • Être patient : Construire un écosystème robuste prend du temps. Cela requiert de la patience, de la persévérance et un engagement à long terme envers la région et ses objectifs.
  • Mesurer l’impact : Élaborez des indicateurs clairs et des méthodes d’évaluation pour mesurer l’impact de vos efforts de construction d’écosystème. Cela vous aidera à mesurer votre progrès, à prendre des décisions fondées sur des données probantes et à obtenir du soutien et des investissements futurs.

Comment est-ce différent d’autre travail d’organisation?

MS: Votre projet de construction d’un écosystème est un peu unique en ce qu’il implique la construction d’un réseau écosystèmique panprovincial. Pouvez-vous donner plus de détails sur ceci?

CM: L’unicité de notre projet de construction d’un écosystème réside dans son ambition à créer un écosystème panprovincial qui unit les quatre provinces atlantiques canadiennes, fait la promotion de la gouvernance collaborative, de l’inclusivité, de l’apprentissage partagé et de la force collective nécessaire pour aborder les défis de la région et saisir les occasions. Cette approche reconnaît que l’intégration régionale est essentielle à la construction d’un écosystème résilient et efficace.

Ce qui distingue ce projet d’autre travail d’organisation est l’accent sur la construction d’un écosystème autogéré adapté précisément aux besoins du Canada Atlantique par les personnes au Canada Atlantique. Alors que plusieurs efforts d’organisation abordent des défis ou des projets individuels, cette initiative prend une approche globale à long terme pour créer un réseau interrelié de capacité, de capitaux et de politiques qui travaillent de concert. Nous espérons soutenir le développement continu d’un écosystème qui éloigne notre économie des approches extractives vers des futurs plus solides, plus durables pour nos communautés et qui mettent la priorité sur les personnes et la planète.

MS: Nous avons récemment beaucoup parlé de trouver des façons d’obtenir un changement plus important. Pouvez-vous nous parler de ceci?

CM: Les discussions récentes sur la nécessité d’obtenir un changement plus profond indiquent une reconnaissance collective que le progrès graduel pourrait ne pas suffire pour remédier aux défis complexes au Canada Atlantique. L’accent est sur l’atteinte d’un impact transformateur en adoptant des approches et des stratégies innovatrices qui vont au-delà des améliorations de surface. Il doit y avoir une reconnaissance que d’atteindre un changement plus profond est un engagement à long terme qui exige un effort soutenu et de la collaboration sur une période prolongée pour réaliser une transformation durable et efficace.


Merci Chelsey d’avoir partagé vos connaissances et vos expériences en matière de mobilisation pan-provinciale!