Le RCDÉC a 25 ans cette année! Et puisque les générations sont habituellement définies par des périodes de 25 ans, nous réfléchissons au concept de mouvement générationnel. Comment la sagesse de la génération précédente façonne-t-elle non seulement le présent, mais aussi la façon dont nous avançons?

Cette question prend une importance toute spéciale pendant le Mois de l’histoire des Noirs. Le développement économique communautaire (DÉC) au Canada et à travers le monde a toujours été façonné par les personnes noires. Des premières associations de crédit et sociétés d’entraide à l’économie sociale solidaire contemporaine et au-delà, le DÉC mené par la communauté noire est non seulement une résistance à l’oppression économique, c’est une voie vers la libération collective.

Nous voulions y réfléchir plus en profondeur du point de vue de mouvement générationnel, et nous avons donc demandé à nos réseaux de nous faire part de leurs perspectives relativement aux générations passées, présentes et futures du DÉC mené par la communauté noire.

En repensant à la génération précédente de développement économique communautaire mené par la communauté noire, quels sont certains des exploits, des défis et des apprentissages qui orientent votre travail aujourd’hui?
Ryan O'Neill Knight
Ryan Knight

Ryan Knight, directeur général de l’Afro Caribbean Business Network Foundation Canada; membre du conseil d’administration du RCDÉC :

Depuis 60 ans, la communauté noire a tenté sans succès de financer sa voie vers l’autonomisation noire (consciemment ou inconsciemment) [et a essayé] de combattre le racisme antinoir sans institutionnaliser les solutions aux plus hauts niveaux d’engagement des organisations. Mais surtout, l’approche d’organisation communautaire de faible niveau est un obstacle définitif à la créativité et à l’innovation, ce qui crée d’autres obstacles.

Ce constat découle de notre recherche qui examinait le financement et les stratégies historiques dans notre travail commandé The Black Empowerment Manifesto rédigé par Errol Gibbs. Extrait ci-dessous…

… les « statistiques symptomatiques » mènent à des « réponses orientées sur les symptômes » plutôt que des changements qui traitent les « causes principales ». Les causes principales sont généralement moins apparentes que les effets. Exemple concret : Les conséquences de la violence sont visibles et alarmantes pour la société, toutefois, les causes profondes et sous-jacentes qui confrontent la société chaque jour, dans les maisons, les milieux de travail, les communautés, les entreprises et dans la profondeur de l’esprit humain échappent souvent aux observations et analyses approfondies. Les causes profondes sont moins bien comprises, moins accentuées et elles sont moins « mesurables statistiquement » et analysées pour « régler » les problèmes « avant le fait », mais où sont les vraies solutions? Est-ce que les solutions pourraient être aussi simples que l’équité l’égalité, l’empathie, l’impartialité et la justice? Ce peut être un défi de s’élever jusqu’à de telles vertus en pensée et en pratique parce que la condition humaine qui sous-tend de telles solutions peut ne pas être le sujet d’analyses quantitatives et qualitatives des solutions.

En pensant à la prochaine génération de DÉC mené par la communauté noire, quels sont certains de vos espoirs, de vos inquiétudes et de vos rêves pour l’avenir?
Carolin Shenaz Hossein

Caroline Shenaz Hossein, Ph. D., Chaire de recherche du Canada en développement africain et en économie politique féministe; professeure agrégée de développement mondial à l’Université de Toronto; fondatrice de la collective Diverse Solidarity Economies (DISE) :

Que les cohortes étudiantes, les jeunes, la génération qui nous suis explore de façon définitive ce qui n’est pas vu. Qu’est-ce qui a été effacé délibérément? Qu’est-ce qui [a été] tut et [comment pouvez-vous] tenter de rendre visible les personnes qui ont été rendues invisibles? Je crois que c’est la clé.

C’est du travail ardu; ça prend du temps. Cela veut dire que vous devez fréquenter et accompagner des personnes, apporter une sorte d’humilité au travail que vous réalisez pour reconnaître que des personnes trouvent des solutions ensemble qui ne sont pas menés [par] un « acteur rationnel », mais davantage [par la question de] « comment nous coopérons et nous nous rassemblons »? …

Le temps est tellement urgent en ce moment. Nous devons commencer à redonner son importance à la collectivité [sous les formes] d’institutions contrôlées démocratiquement, de coopératives, de débrouillardise, d’entraide, de vie organisationnelle. Cette collectivité a souvent été cachée ou ignorée, poussée à l’arrière-plan, tant dans l’informel que le formel, car il y a eu une intention délibérée de faire paraître l’industrie commerciale et corporative comme la seule alternative.

Et lorsque nous commençons à voir cette réalité, c’est alors notre responsabilité de commencer à mettre l’emphase sur ce à quoi ressemblent les institutions d’adhésion coopérative, à en faire l’inventaire, à les documenter, à les promouvoir de toutes les façons possibles.

Vous n’avez pas besoin d’être un érudit ou un universitaire pour faire ce travail. Si vous travaillez dans le secteur sans but lucratif, si vous faites des dons, si vous êtes responsable politique, le temps est venu de créer de l’espace, de créer ces lignes budgétaires, de la nouvelle programmation, qui commence à réfléchir à des institutions d’adhésion collective qui peuvent être investies dans la vraie transformation.

Parce que lorsque nous respectons les exigences des personnes qui font des dons qui veulent préciser des façons individuelles de travailler, nous perdons de vue ce à quoi ressemble la transformation pour plusieurs d’entre nous. C’est là où nous en sommes — les institutions à adhésion qui sont ancrées localement, situées dans notre propre cour arrière sont l’endroit où nous débutons. Assurez-vous que ces institutions sont démocratiques et collectives et qu’elles valorisent vraiment les principes tels que la réciprocité et la voix de la communauté.

Note : La professeure Hossein a partagé ces idées lors d’une entrevue fantastique avec Serena Bahadur dans le balado Diverse Economy Conversations for Youth Podcast. Citation partagée ici avec permission.

Comment le secteur du DÉC peut-il décentrer la communauté blanche et accueillir la libération noire comme un élément au cœur de tout ce qu’elle fait?
Beatrice Anane-Bediakoh

Beatrice Anane-Bediakoh (elle), Gestionnaire de programme et d’engagement du RCDÉC :

La question est intéressante. En réfléchissant au secteur du DÉC et à la libération de la communauté noire, l’accent devrait s’orienter vers une transformation idéologique plutôt que d’être uniquement axé sur le décentrage de la communauté blanche.

« Imaginez un changement de paradigme où les logiques raciales et les prédilections antinoires nocives sont inversées, ou d’être noir est conceptualisé et compris dans sa totalité. Et si chaque question et possibilité humaine était centrée sur la vie des personnes noires? Le manque d’imagination du monde face à la communauté noire est mis en évidence dans la promulgation brutale contre celle-ci. La question fondamentale est qu’il n’y a aucune hypothèse incontestée de l’humanité noire dans le monde, c’est mis en évidence par l’appel retentissant de Black Lives Matter, où la vie d’une personne noire a sans cesse besoin d’être légitimée et argumentée. Alors, lorsqu’on demande comment décentrer la communauté blanche du secteur du DÉC, ce qui est en fait nécessaire est plutôt une hypothèse sur ce qu’est être. Une création du monde qui contrecarre nos façons actuelles de comprendre les vies des personnes noires. Cela exige un cadre qui rétablit une image plus large de la vie des personnes noires. Une fois arrivés là, et seulement à ce moment, pourrons-nous avoir des conversations significatives au sujet de la libération.

Ryan Knight :

« … Écouter et soutenir des initiatives qui réalisent de la création d’emploi, de la création de richesse, qui créent des infrastructures numériques et physiques holistes, permanentes, au niveau macro pour susciter de la vraie “autonomisation noire” inclusive au cours des 50 prochaines années. »

Quelles sont certaines des ressources que vous aimeriez que toutes les personnes du secteur du DÉC puissent lire/regarder/écouter/etc.?
Gina Malaba

Gina Malaba (she/her), Coordonnatrice du programme, Action communautaire pour le développement de la main-d’œuvre :

Beatrice Anane-Bediakoh

Ryan Knight

Quelles initiatives de DÉC menées par la communauté noire aimeriez-vous promouvoir (incluant la vôtre)?

Beatrice Anane-Bediakoh :

J’aimerais présenter des initiatives menées par la communauté noire qui ont participé à CréeAction dont :

Gina Malaba :

J’ai récemment cofondé Black Students Association Alumni Network (BSAAN), une organisation qui regroupe des anciens et anciennes ayant pour but de soutenir le développement professionnel de la cohorte étudiante noire aux cycles supérieurs de l’Université de l’Alberta. Par l’entremise d’ateliers de formation, de groupes de discussion de carrière et de présentations d’étudiants et d’étudiantes des cycles supérieurs, BSAAM mène des efforts proactifs pour faire le pont entre des personnes noires qui étudient aux cycles supérieurs et une gamme de ressources communautaires ainsi qu’un pôle mondial d’employeurs potentiels. Ces activités sont créées dans le but d’accroître le réseautage, d’aborder le racisme antinoir et de sensibiliser au manque de ressources offertes aux jeunes noirs dans les secteurs de l’emploi et des services sociaux.

En faisant le pont entre des professionnels et la cohorte étudiante des cycles supérieurs, BSAAN crée une plateforme où les anciens et anciennes peuvent donner de leur temps et de leurs ressources à des générations plus jeunes déterminées à réussir dans des industries en changement constant.

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Merci à toutes les personnes qui ont partagé leurs perspectives avec nous. Bon Mois de l’histoire des Noirs!

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Phare Ouest est une émission d’information où on aborde tout ce qui peut toucher ou intéresser les francophones de la Colombie-Britannique et du Yukon. La semaine passé l’émission a interviewer Chúk Odenigbo, gérant du projet Action communautaire pour le développement de la main-d’œuvre du RCDÉC. En entrevue avec Radio Canada, Chúk explique comment se projet se déroule à Golden, quel en sont les objectifs et quels sont les défis.

L’entrevue touche sur l’innovation du projet. Comme ce présent projet fait l’essai de modèles intersectionnels de planification de la main-d’œuvre menés par les communautés dans trois municipalités rurales à travers le Canada: Arnprior (ON), Slave Lake (AB) et Golden (C.-B.). Ces modèles soutiennent des stratégies de diversification économique qui agissent sur les changements climatiques et contribuent à la croissance propre. 

Dans chaque communauté, le processus implique des petites et moyennes entreprises d’une gamme d’industries et de secteurs ainsi que des organisations communautaires et des organismes publics pertinents dans la planification communautaire de la main-d’œuvre, la formation et les placements de travail afin d’offrir de la formation de perfectionnement et de réorientation, des soutiens complets et des placements de travail. 

Chúk introduit aussi le partenaire communautaire à Golden dont Golden Community Economic Development (Golden CED). Cet un organisme à but non lucratif qui s’engage et soutient les résident.e.s dans le développement dirigé par la communauté. Leurs initiatives visent à créer un environnement économique, social, dynamique et sain où tou.te.s les résident.e.s ont accès à une excellente qualité de vie et à un avenir durable.

Écoutez l’entrevue au complet pour des details intéressants!
Apprenez plus sur le projet Action communautaire pour le développement de la main-d’oeuvre du RCDÉC
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Cet article a été publié dans le dernier bulletin national du RCDÉC. Si vous n’êtes pas encore sur notre liste de diffusion, vous pouvez vous inscrire ici.


La vision du RCDÉC — des communautés durables, équitables et inclusives qui créent leur avenir — peut être difficile à conceptualiser. Cela exprime un équilibre délicat entre l’interdépendance et la décentralisation, l’autonomie et l’unité. À quoi ressemble ce monde, et comment saurons-nous lorsque nous l’aurons atteint?
 
Peut-être que le mot « vision » est trompeur. En contemplant le futur que nous construisons, nous devrions peut-être utiliser plus d’un sens et engager toutes nos facultés sensorielles, créatives et imaginatives à la fois. Même si nous ne pouvons voir le futur, peut-être pouvons-nous le sentir.
 
Comment les praticiens et praticiennes du DÉC peuvent-ils et elles faire pour développer et exprimer quelque chose d’aussi abstrait qu’une sensation à propos du futur?
 
Nous pouvons nous tourner vers les artistes pour des conseils. Par exemple, le poète gazaoui Mosab Abu Toha nous invite à ressentir l’avenir à travers son poème, « Nous aimons ce que nous avons ». Pour Abu Toha qui a récemment été arrêté et battu lorsqu’il se sauvait avec sa famille de la violence à Gaza, l’amour est plus qu’une stratégie de survie. L’amour est l’infrastructure d’un avenir imaginé où les liens de la communauté protègent et prennent soin de jeunes vies.
 
« Nous aimons ce que nous avons, peu importe comment c’est modeste,
car si ce n’est pas le cas, tout disparaîtra. Si ce n’est pas le cas,
nous n’existerons plus, puisqu’il n’y aura rien ici pour nous.
Ce qu’il y a ici est quelque chose que nous
construisons encore. C’est quelque chose que nous ne pouvons pas voir encore,
parce que nous en
faisons partie.
Bientôt, cette construction se tiendra seule, alors que nous,
nous serons les arbres qui la protègent du vent
féroce, les arbres qui donneront de l’ombre
aux jeunes qui dorment à l’intérieur ou qui jouent sur des balançoires. »
 
Nous sommes reconnaissants d’être en communauté avec vous, à construire pour la paix, l’amour et la joie ensemble.

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Chaque trimestre, le RCDÉC envoie à ses membres un bulletin exclusif, rempli de perspectives précieuses, de mises à jour et d’occasions provenant du réseau et d’au-delà. Chaque bulletin met aussi en lumière un membre et le travail important qu’il accomplit.

Pour ce bulletin, le RCDÉC a mis en lumière Common Good Solutions (CGS), une organisation membre qui travaille dans l’ensemble de la région atlantique. Le projet suivant fait partie du programme d’initiatives régionales du RCDÉC, une initiative de « construction d’écosystème » qui soutient des projets à l’échelle provinciale et panprovinciale. Melissa Sinfield, gérante du programme d’initiatives régionales, a interviewé Chelsey MacNeil, la présidente de l’organisation, du travail fait par CGS pour construire un écosystème atlantique.


Du 25 au 27 septembre 2023, environ 170 organisations à vocation sociale et agents de changement de l’ensemble de la région atlantique se sont rassemblés à St. John’s (T.-N.-L. pour faire des liens et travailler à la création d’un écosystème régional plus fort. Le premier Atlantic Social Impact Exchange Summit qui a rassemblé ces réseaux a été organisé par l’un de nos membres, Common Good Solutions (CGS), et a été soutenu par le programme d’initiatives régionales du RCDÉC. Le sommet fait partie de l’approche de construction d’écosystème de CGS qui commence maintenant la prochaine phase du projet. CGS espère tirer partie de l’élan des plus de 170 personnes qui y ont participé pour générer des liens plus solides et durables et une vision partagée.

Pourquoi est-ce important de construire un écosystème en Atlantique?

Melissa Sinfield: Que signifie la construction d’un écosystème pour vous?

Chelsey MacNeil: La construction d’un écosystème au Canada Atlantique est un effort délibéré pour cultiver des relations interreliées, des ressources et des occasions au sein de la région. Cette approche est essentielle pour la construction à partir de la base d’une stratégie génératrice qui aborde les défis et les occasions uniques du Canada Atlantique. En fournissant des mécanismes pour la collaboration et la coordination entre les diverses parties prenantes, incluant les OSBL, les entrepreneurs, les entrepreneures, les investisseurs, les investisseuses, les entités gouvernementales et les organisations communautaires, la construction d’un écosystème crée un environnement où les initiatives peuvent prendre racine, fleurir et avoir un impact durable. Dans le contexte du Canada Atlantique, une approche à partir de la base souligne l’importance des solutions menées par les communautés, de tirer profit des forces et des perspectives des personnes et des organisations au sein de la région. Ceci améliore la résilience et l’autodétermination de la région tout en assurant que l’écosystème reflète les divers besoins et les diverses aspirations de ses communautés et en contribuant à de la croissance continue et un impact positif. Un écosystème peut mettre au défi les structures traditionnelles du pouvoir, démocratiser l’accès aux ressources et promouvoir la prise de décision collaborative, générant ainsi un écosystème plus inclusif et équitable.

MS: Quelle fut l’étincelle qui a provoqué ce projet sur lequel vous travaillez, ou quel était le désir sous-jacent ou la motivation?

CM: L’étincelle qui a provoqué ce projet était la reconnaissance des occasions qui se trouvent au sein des défis du Canada Atlantique. La motivation est le désir d’aborder les défis urgents auxquels la région fait face, y compris les populations vieillissantes, les problématiques de soin de santé, le logement et l’itinérance, la stagnation économique, les changements démographiques et les ressources philanthropiques limitées. La force motrice du projet est l’engagement à créer un écosystème coordonné, inclusif et innovateur qui autonomise les personnes et les organisations au Canada Atlantique pour accéder aux ressources, à la capacité et au soutien nécessaire afin de mener du changement positif. Ce projet est ancré dans la croyance qu’en travaillant stratégiquement ensemble et en abordant les besoins et aspirations uniques de la région, le Canada Atlantique peut atteindre une croissance soutenue et créer un impact positif important.

Notre projet de construction d’écosystème utilise une approche unique en se concentrant sur la construction d’un écosystème panprovincial au sein du Canada Atlantique. Alors que plusieurs initiatives de construction d’écosystème se concentrent sur une seule ville ou région, notre projet cherche à unir les quatre provinces du Canada Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard) en un écosystème cohésif. En démantelant les silos provinciaux et en créant les conditions pour la collaboration à une échelle régionale, nous pouvons aborder des défis partagés et tirer profit d’occasions communes.

Le réseau a pour but de faciliter l’échange de connaissances, d’expériences et d’apprentissages entre les provinces. Il permet aux parties prenantes de bénéficier des succès et des innovations de leurs contreparties, menant à une approche plus complète et efficace à la construction d’un écosystème.

En regroupant les ressources et l’expertise de multiples provinces, le réseau d’écosystème panprovincial devient une force plus puissante pour revendiquer pour des changements de politiques, attirer les investissements et propulser l’impact social. Cette force collective améliore la capacité de la région à aborder les défis complexes.

Naviguer les défis

MS: Qu’est-ce qui distingue ce projet d’autre travail d’organisation?

CM: Au cours des premières étapes de notre projet de construction d’un écosystème au Canada Atlantique, nous avons beaucoup appris. Coordonner les efforts à l’échelle de quatre provinces distinctes ayant des politiques et des priorités différentes exige de la communication continue. Assurer l’inclusivité de toutes les régions et communautés, y compris les régions mal desservies ou éloignées, pose des difficultés qui exigent de la planification et des ressources additionnelles. Mobiliser les ressources nécessaires, tant financières que sur le plan de la capacité, est un défi continu, puisque la construction d’un écosystème durable exige un investissement continu et une vision à long terme. Nous reconnaissons aussi que d’impliquer des organisations communautaires diverses et créer de la confiance exige du temps et des efforts. Une approche itérative qui permet l’adaptation et la flexibilité est essentielle pour surmonter ces défis et raffiner la stratégie de construction d’un écosystème.

Choisir le nom du sommet

Note de l’éditrice: Une composante de ce projet a été l’Atlantic Social Impact Exchange Summit inaugural conçu pour rassembler des acteurs de toute la région.

MS: Quelle était l’intentionnalité derrière le fait d’inclure « impact social » dans le nom du sommet même si le sommet de cette année était fortement axé sur la finance sociale et quelle était l’importance de ce nom?

CM: Le choix d’utiliser « impact social » dans le nom du sommet tout en se concentrant fortement sur la finance sociale comporte plusieurs niveaux de signification. En premier lieu, cela souligne la mission et le but plus large de l’initiative. Bien que l’objectif immédiat du sommet soit la finance sociale, le but est de stimuler l’impact social positif au Canada Atlantique. Cela souligne que l’impact social est le but ultime, le « pourquoi » qui sous-tend tout l’effort. La finance, bien qu’importante, est un moyen d’arriver à une fin, un outil puissant pour atteindre un impact social et aborder les défis urgents de la région.

De plus, le choix de ce titre reflète un engagement face au processus de développer l’écosystème avec le pourquoi clairement en vue. Cela accentue que le sommet n’est pas seulement sur la finance, mais aussi sur la création d’un changement important et durable au sein de la région. Cela reconnaît que l’impact social est le point de mire, et qu’il ne peut être atteint que lorsqu’il y a un écosystème soutenant et stratégique en place pour construire la culture que nous souhaitons. Cet écosystème englobe la création de capacité, le développement de politiques et l’engagement communautaire, tous des éléments qui visent une culture nourrissante d’impact social.

De plus, le titre reflète l’intention de rassembler une gamme diverse de parties prenantes de divers secteurs, incluant le gouvernement, les OSBL, les entreprises et les entreprises sociales. Il signale que le sommet est une plateforme de collaboration et de partage de connaissances où tous les participants peuvent contribuer à l’objectif plus large de créer un impact social positif au Canada Atlantique, reconnaissant que la finance seule n’atteindra pas les résultats souhaités. Ce sont les efforts collectifs au sein de l’écosystème qui stimuleront le changement culturel menant à l’impact social.

Premiers apprentissages sur la construction d’un écosystème

MS: En se fondant sur cette étape préliminaire, y a-t-il des apprentissages ou des découvertes que vous pourriez partager avec d’autres personnes qui essaient de construire des écosystèmes?

CM: Même à cette étape préliminaire de la construction d’un écosystème, il y a des apprentissages et des découvertes importantes qui peuvent donner des perspectives à d’autres personnes qui s’engagent dans des parcours similaires :

  • La collaboration est la clé : La collaboration entre diverses parties prenantes est la base d’un écosystème réussi. Encouragez le dialogue ouvert, la participation active et la propriété partagée entre toutes les parties prenantes, incluant le gouvernement, les acteurs de la finance sociale, les institutions et les organisations communautaires.
  • L’inclusivité importe : Assurez-vous que vos efforts de construction d’un écosystème sont inclusifs et accessibles à toutes et tous, peu importe l’emplacement géographique ou le type d’organisation. Accordez la priorité à la diversité dans la participation pour créer un écosystème plus dynamique et innovant.
  • Tirer profit des ressources et réseaux existants : Identifiez et tirez profit des ressources et initiatives existantes dans la région. Collaborer avec des organisations et réseaux établis peut accélérer le développement d’écosystème.
  • Se concentrer sur l’objectif ultime : Bien que des initiatives précises comme la finance sociale sont importantes, gardez toujours en tête l’objectif plus large d’atteindre l’impact social. Reconnaître que la finance, la création de capacité et les politiques sont des moyens d’arriver à une fin, et que le résultat est un impact positif et durable sur la communauté.
  • Apprendre des autres : Étudiez et apprenez d’autres initiatives réussies de construction d’écosystème, tant dans votre région qu’à l’échelle mondiale. Adoptez les meilleures pratiques et adaptez-les à votre contexte précis.
  • La flexibilité est la clé : Soyez prêt à vous adapter et à pivoter selon le cas. La construction d’un écosystème est un processus itératif et votre stratégie peut évoluer à mesure que vous faites des découvertes et au fil de vos expériences.
  • Être patient : Construire un écosystème robuste prend du temps. Cela requiert de la patience, de la persévérance et un engagement à long terme envers la région et ses objectifs.
  • Mesurer l’impact : Élaborez des indicateurs clairs et des méthodes d’évaluation pour mesurer l’impact de vos efforts de construction d’écosystème. Cela vous aidera à mesurer votre progrès, à prendre des décisions fondées sur des données probantes et à obtenir du soutien et des investissements futurs.

Comment est-ce différent d’autre travail d’organisation?

MS: Votre projet de construction d’un écosystème est un peu unique en ce qu’il implique la construction d’un réseau écosystèmique panprovincial. Pouvez-vous donner plus de détails sur ceci?

CM: L’unicité de notre projet de construction d’un écosystème réside dans son ambition à créer un écosystème panprovincial qui unit les quatre provinces atlantiques canadiennes, fait la promotion de la gouvernance collaborative, de l’inclusivité, de l’apprentissage partagé et de la force collective nécessaire pour aborder les défis de la région et saisir les occasions. Cette approche reconnaît que l’intégration régionale est essentielle à la construction d’un écosystème résilient et efficace.

Ce qui distingue ce projet d’autre travail d’organisation est l’accent sur la construction d’un écosystème autogéré adapté précisément aux besoins du Canada Atlantique par les personnes au Canada Atlantique. Alors que plusieurs efforts d’organisation abordent des défis ou des projets individuels, cette initiative prend une approche globale à long terme pour créer un réseau interrelié de capacité, de capitaux et de politiques qui travaillent de concert. Nous espérons soutenir le développement continu d’un écosystème qui éloigne notre économie des approches extractives vers des futurs plus solides, plus durables pour nos communautés et qui mettent la priorité sur les personnes et la planète.

MS: Nous avons récemment beaucoup parlé de trouver des façons d’obtenir un changement plus important. Pouvez-vous nous parler de ceci?

CM: Les discussions récentes sur la nécessité d’obtenir un changement plus profond indiquent une reconnaissance collective que le progrès graduel pourrait ne pas suffire pour remédier aux défis complexes au Canada Atlantique. L’accent est sur l’atteinte d’un impact transformateur en adoptant des approches et des stratégies innovatrices qui vont au-delà des améliorations de surface. Il doit y avoir une reconnaissance que d’atteindre un changement plus profond est un engagement à long terme qui exige un effort soutenu et de la collaboration sur une période prolongée pour réaliser une transformation durable et efficace.


Merci Chelsey d’avoir partagé vos connaissances et vos expériences en matière de mobilisation pan-provinciale!

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Le Comité permanent des finances de la Chambre des communes a invité les Canadiens à participer à son processus annuel de consultations prébudgétaires. Le Comité a l’intention de déposer un rapport sur ces consultations à la Chambre des communes avant son ajournement en décembre 2023.

Voici la soumission du RCDÉC.

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Plus tôt cette année, nos amis de Buy Social Canada ont traduit une série d’articles de blog en français. Ces articles offrent un aperçu important des pratiques clés de DÉC telles que l’approvisionnement social, les ententes sur les avantages pour la communauté, l’entreprise sociale, et plus encore.


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Une nouvelle fédération coopérative, The Banker Ladies Council est une association rotative d’épargne et de crédit (AREC) ancrée dans la tradition culturelle des féministes noires. Ce groupe innovateur de femmes noires redéfini ce que cela signifie d’établir leurs propres systèmes économiques ancrés dans des systèmes de confiance, de réciprocité et de coopération que leurs ancêtres ont utilisés pendant des générations.

À New Minas en Nouvelle-Écosse, l’entreprise sociale Groupe Flower Cart est au service des personnes handicapées et confrontées à des obstacles complexes à l’emploi depuis 53 ans. Cette année, il réalise son rêve de bâtir un nouvel établissement pour répondre à la demande accrue pour ses services et étendre ses capacités.

En réponse à la crise de logement abordable, New Market Funds et la Small Communities Initiative de New Commons Development travaillent avec de petites communautés rurales de la C.-B. pour créer et conserver des logements abordables pour des populations vulnérables, en faisant de la rénovation, en construisant de nouveaux édifices qui répondent aux besoins communautaires tout en priorisant la viabilité environnementale.

Qu’ont en commun ces trois histoires?

Elles utilisent toutes des formes de finance sociale, un terme qui englobe un large éventail d’organisations, d’entreprises et de services qui répondent aussi à une étendue de besoins communautaires et qui redéfinissent le pouvoir économique dans un contexte communautaire. Si votre entreprise, votre coopérative ou votre entreprise sociale a une mission d’améliorer la durabilité sociale, culturelle ou environnementale de votre communauté, de votre région ou de votre secteur et que vous souhaitez explorer des options de financement qui incluent l’impact social que vous créez, vous êtes probablement considéré comme une organisation à vocation sociale, et vous faites aussi partie de l’écosystème de finance sociale, que vous le sachiez ou non.

Le Programme de préparation à l’investissement et ce qui suit

Le Programme de préparation à l’investissement (PPI) a été conçu pour être un programme de financement qui fournit directement aux organisations à vocation sociale des capitaux non remboursables afin d’obtenir de l’appui de développement d’entreprise et était fondé sur des recommandations du rapport Pour l’innovation inclusive qui oriente les initiatives du gouvernement fédéral pour renforcer l’innovation sociale et la finance sociale au Canada. Au RCDÉC, notre équipe du PPI est constituée de leaders de l’écosystème de la finance sociale qui soutiennent la création de processus collaboratifs grâce au ministère fédéral Emploi et Développement social Canada (EDSC).

À titre de responsables de la convocation des partenaires du PPI, nous rassemblons les partenaires du programme, y compris l’EDSC, pour partager les apprentissages, les perspectives et l’action pendant que nous soutenons des organisations à vocation sociale et l’écosystème plus large de la finance sociale dans le but de favoriser davantage de finance sociale à travers le pays. Toutefois, maintenant que la deuxième ronde de financement est terminée et que nous n’avons aucune confirmation qu’il y aura une nouvelle ronde de financement du PPI, nous travaillons ensemble afin de trouver les meilleurs moyens de poursuivre avec l’élan que nous avons créé.

La finance sociale est un de ces concepts sur lequel les gens semblent généralement s’entendre comme étant un principe positif tout en demeurant un peu mystérieux, difficile à définir et qui peut être un peu déroutant parce qu’il est partout autour de nous tout en étant difficile à préciser. Une partie du défi est qu’il est difficile de trouver une ressource de référence concise pour comprendre la finance sociale au Canada, et une autre partie de ce défi est que le langage qui a été développé pour ce secteur a été développé par le gouvernement et les bailleurs de fonds du « côté de l’offre » de capital plutôt que de ceux qui sont du « côté de la demande » qui ont besoin et qui demandent ce financement, comme les organisations à vocation sociale et ceux qui les desservent. Ce genre de travail possède une variété de noms et d’étiquettes au sein des organisations communautaires et des communautés qui y œuvrent elles-mêmes.

Le RCDÉC mène un projet pour faire précisément ceci, c’est-à-dire rassembler des personnes de divers secteurs, de diverses régions et de diverses communautés pour définir ce qu’est la finance sociale selon eux. Ce centre d’information sur la finance sociale axée sur la demande sera un endroit où trouver du contenu facile à télécharger et à partager qui explique ce qu’est la finance sociale et l’impact qu’elle a eu sur les communautés canadiennes. Ce sera aussi un endroit pour découvrir où une organisation donnée s’inscrit dans l’écosystème de la finance sociale et si la finance sociale lui convient. De plus, il présentera des données de cet écosystème et fournira des façons de contacter des intermédiaires du Fonds de finance sociale lorsque cette information sera disponible et les organisations à vocation sociale pourront accéder à des capitaux remboursables par l’entremise de ces intermédiaires du Fonds de finance sociale. La finance sociale a été au centre de l’attention dernièrement, surtout avec l’annonce faite par le gouvernement fédéral plus tôt cette année (en mai) du Fonds de finance sociale de 755 millions de dollars. Nous sommes ravis de travailler pour définir un accès communautaire à ces capitaux lorsqu’ils deviendront disponibles au public.

Le Forum sur la finance durable

Les 1er et 2 novembre 2023, plus de 600 praticiens et praticiennes de finance sociale, leaders communautaires, élues, élus et responsables politiques se sont rassemblés dans le cadre du deuxième Forum sur la finance durable.

En se fondant sur le succès du précédent Forum sur la finance durable en 2022, le RCDÉC s’est porté volontaire pour soutenir la coordination de l’événement. Le député Ryan Turnbull, un membre de longue date du RCDÉC avant d’être élu pour représenter la circonscription de Whitby à la Chambre des Communes du Canada a mené cette initiative afin d’engager les responsables politiques et créer de l’appui multipartite pour la finance sociale et durable. Le RCDÉC a perçu ceci comme une occasion de faire de la sensibilisation concernant la finance sociale auprès des responsables politiques, des élues et élus et de leur faire connaître des modèles et des leaders de finance sociale communautaire de l’ensemble du Canada. Le Forum sur la finance durable inaugural de l’an dernier était une activité fermée sur invitation sur la Colline du Parlement, et le directeur général du RCDÉC, Mike Toye, a prôné que le Forum de cette année devrait avoir lieu « à l’extérieur de la Colline » pour que des parties prenantes non gouvernementales y compris des leaders communautaires et des organisations à vocation sociale puissent accéder à l’événement et prendre part à ces conversations importantes. Une partie des objectifs organisationnels du RCDÉC sont de faire progresser les changements de politiques, et cette occasion est un exemple où des liens sont créés entre les communautés et où il y a un engagement direct avec des responsables politiques.

Le RCDÉC a contribué à rassembler plus de 40 leaders du secteur dans le cadre d’un comité consultatif pour le Forum sur la finance durable qui a orienté le programme et aidé à encadrer les conversations. Nous avons énormément de reconnaissance envers les membres du comité consultatif qui ont soutenu la planification du Forum et pour les commandites en provenance de partenaires alignés avec nos valeurs comme des coopératives financières, des coopératives et des personnes qui font des investissements d’impact tels que Desjardins, Vancity, Co-operators et Addenda Capital qui ont rendu l’événement possible.

Les 2 jours du Forum ont été remplis de discussions riches qui ont inclut des conversations sur la finance sociale de diverses perspectives et de diverses industries, incluant les systèmes alimentaires durables, l’écologisation de la finance, l’économie sociale autochtone et la Réconciliation ainsi que les logements abordables. Le Forum a mobilisé une gamme sans précédent d’oratrices et d’orateurs incluant le premier ministre ainsi que la vice-première ministre et ministre des Finances et a regroupé une large gamme de parties prenantes qui n’ont pas souvent la chance de se rencontrer, en passant par des députés, des députées, des activistes et des leaders communautaires. Rassembler une si grande variété d’orateurs, d’oratrices et de parties prenantes a aussi signifié que ces conversations émanaient de divers points de vue et de diverses expériences vécues, et nous avons entendu des anecdotes douloureuses, des histoires inspirantes ainsi que des engagements qui sont remplis d’espoir et de promesse.

Le RCDÉC est dans une position unique à titre d’intermédiaire qui travaille avec le gouvernement et avec les communautés sur le terrain, ce qui nous a menés à organiser un tel événement. C’est également un privilège et une responsabilité envers les communautés que nous desservons de transformer ces conversations en action et de continuer de nous tenir les uns les autres responsables envers les promesses faites pour créer et maintenir une économie qui reflète le développement vraiment durable et inclusif. Nous avons entendu des engagements multipartites pour la création de solutions de finance durable respectueuse du climat ainsi que des engagements à intégrer la finance sociale au cœur de notre économie. Après un tel événement, nous savons toutes et tous que le vrai travail reste à faire afin de trouver comment créer et renforcer les relations qui soutiennent ces actions et qui nous propulsent dans un nouveau territoire vers un système économique plus durable et socialement engagé.

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Susanna Redekop

Susanna Redekop est la gestionnaire de l’engagement pour le Programme de préparation à l’investissement (PPI), qui fait partie de l’équipe des initiatives régionales du RCDÉC. Au sein de l’équipe du Programme de préparation à l’investissement, Susanna établit et maintient des relations et des communications entre les diverses organisations partenaires qui participent à la mise en œuvre et au soutien du PPI, afin de favoriser un écosystème de finance sociale et d’innovation sociale plus solide pour les organismes à vocation sociale (OVS) et les collectivités du Canada.

Rupert (assis) et le conseil d’administration du RCDÉC, 2008
Rupert (assis) et le conseil d’administration du RCDÉC, 2008

Le RCDÉC est triste d’annoncer que son ancien directeur général, Rupert Downing, est décédé le 2 novembre dernier.

Rupert a joué un rôle important dans le développement du RCDÉC au cours des
premières années. Il a été nommé directeur général en 2002, moins de trois ans après l’incorporation du Réseau en 1999. Au cours des six années qui ont suivi, jusqu’à son départ en 2008, Rupert a été au cœur de la croissance et de la structure initiale de l’organisation.

Ses premiers pas dans les domaines sociaux, économiques et environnementaux
remontent au début de sa vie professionnelle. Il a participé à la gestion de politiques et de programmes de développement durable pendant plus de 40 ans dans des communautés rurales, urbaines et autochtones à travers le Canada, au R.-U., et autour du monde.

Lorsqu’il menait le RCDÉC, il a aidé à établir et à diriger les Canadian Social Economy Research Partnerships, et a édité l’un des documents récapitulatifs (en anglais seulement) sur l’économie sociale au Canada. Avant de passer au RCDÉC, Rupert a aidé à établir et à mener le ministère du Développement communautaire au sein du gouvernement de la Colombie-Britannique.

Plus récemment, Rupert a été nommé au Conseil consultatif sur l’innovation sociale du gouvernement du Canada en reconnaissance de son expertise en finance et développement d’entreprise sociale.

Rupert (en orange) avec le personnel, 2008

Il a aussi dirigé une firme internationale d’experts-conseils spécialisés en développement communautaire durable, en recherche et développement de politiques publiques et il a été propriétaire et a géré « Lalocal », une entreprise sociale de commerce équitable sur l’île de Vancouver.

Mais c’est le caractère et la compassion de Rupert qui ont impressionné plusieurs personnes. Son expérience en théâtre, son amour des animaux, de la nature et du monde, sa volonté d’avoir du plaisir, et ses amis à plume qui se sont joints à plusieurs réunions virtuelles, sa passion pour la vie, et la justice sociale et économique ont inspiré des gens autour du monde.

J’ai tellement appris de Rupert et été inspiré par lui. Sa capacité de formuler des idées, des visions et des stratégies complexes dans un langage qui attire l’attention d’une pièce pleine de décideurs était impressionnante et j’ai observé cette compétence avec attention.

Il y a aussi eu beaucoup de plaisir et de rires, puisque son esprit et son intelligence étaient accompagnés d’un humour théâtral et d’un sens d’aventure qui a laissé tellement d’histoires en legs.

Brendan Reimer, ancien coordinateur régional de CCEDNet-Manitoba

Le poème ci-dessous, qui a été publié sur Facebook en mars dernier révèle en partie ce qui le rendait aussi attachant.

Une célébration de la vie de Rupert aura lieu le samedi 18 novembre avec la famille et les amis intimes. Toute personne intéressée à y participer ou à faire un partage peut contacter son épouse Christine Downing par l’entremise de Messenger ou par courriel (contactez le RCDÉC pour son adresse).

Chaque jour a son sourire

Lorsque je me lève et m’assieds sur mon patio, les geais de Steller jacassent et je leur réponds pour leur grand plaisir. Et nous sourions.

Les corbeaux qui nichent dans mes conifères croassent et je réponds et ils amènent par la suite leurs oisillons sur ma terrasse pour explorer et voler des babioles. Et nous sourions.

Les aigles amènent leurs oisillons à la plage pour expérimenter leur première marée montante, et nous profitons de leur première expérience de l’océan. Et nous sourions.

Les lapins amènent leurs jeunes grignoter les pousses de camas et je leur demande de tondre la pelouse. Et nous sourions.

Les écureuils s’amusent dans les arbres et cherchent leur cache dans les lits surélevés. Et nous sourions.

Les cerfs sont en rut dans la cour arrière et galopent quelques fois vers moi et se font face, et nous sourions. Leurs familles se blottissent ensuite au soleil du printemps dans leur refuge, et nous sourions.

Mon clan de ratons laveurs est ici depuis beaucoup plus longtemps que n’importe quel humain. Je suis l’allié des matriarches depuis que je suis ici, contre vents et marées, et elles me présentent toujours leurs successeurs. Je m’assois maintenant sur mon banc chaque jour avec notre mère actuelle qui jase et qui divise de la nourriture pour la famille.

Nous sourions tout le temps.

Mes chiens me sortent pour jouer chaque jour et me disent de ne pas être si sérieux. Et nous sourions.

Mon voisinage pense probablement que je suis fou avec tout le temps que je passe à parler aux animaux, mais tant pis, je souris.

Ma perruche passe chaque moment qu’il le peut sur mon épaule, à mordiller mon oreille, et à chanter. Nous sourions tout le temps.

Ma femme et ma famille m’apportent de grandes joies et nous sourions.

Sourire et parler aux animaux est bien

Rupert

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Le deuxième Forum annuel sur la Finance Durable, qui se tiendra au Centre Shaw, s’annonce deux fois plus important et encore plus marquant que celui de l’année dernière.

Faites partie des 400 personnes qui prendront part à deux journées entières d’exposés passionnants et de séances en petits groupes productives. Parmi les orateurs de renom, citons Mark Carney et Eric Usher, ainsi que les Ministres Anita Anand, Jenna Sudds et Sean Fraser, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Le Forum de cette année se concentrera sur l’action collective et la mise en œuvre et réunira des parties prenantes de tout le Canada. Il abordera des thèmes pertinents pour les Canadiens, notamment le coût de la vie, le logement abordable, les soins de santé, le développement économique, le changement climatique, l’insécurité alimentaire et bien d’autres encore !

Joignez-vous à nous les 1er et 2 novembre 2023.

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Le RCDEC envoie à ses membres un communiqué exclusif contenant des informations précieuses, des mises à jour et des opportunités provenant de notre réseau et d’ailleurs. Chaque communiqué met également en lumière un membre et le travail important qu’il accomplit.

Pour le communiqué d’octobre 2023, le RCDÉC a mis en lumière Eviance, une organisation membre qui travaille à travers le Canada. Depuis 26 ans, Eviance travaille avec les personnes vivant des handicaps au Canada et leurs alliés à faire progresser les droits de la personne par le biais de recherches intersectionnelles et communautaires. Il s’engage à trouver des solutions durables fondées sur l’action. 

Nous nous sommes entretenus avec Susan L. Hardie, directrice générale de l’organisation, pour savoir comment Eviance construit une société inclusive, équitable et accessible. Dans le texte ci-dessous, Susan nous donne un aperçu de l’approche et de l’impact de l’organisme. Elle explique également comment Eviance aide le RCDÉC à rendre certains de ses programmes plus accessibles aux personnes vivant des handicaps.


En savoir plus sur Eviance

Eviance est une organisation d’envergure nationale qui s’engage à favoriser le changement social. Nous nous décrivons comme un centre de connaissances et nos activités comprennent un bureau principal à Winnipeg, ainsi qu’un bureau virtuel en Ontario, avec des membres de l’équipe qui travaillent actuellement au Manitoba, en Alberta, en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec. 

Nous nous concentrons principalement sur les droits de l’être humain et la promotion de l’équité à travers la lentille des expériences vécues. Notre but ultime est de soutenir des solutions intersectionnelles orientées vers l’action qui font progresser les droits de l’être humain et en encourageant la prise de décisions centrées sur l’équité au Canada, ce qui, selon nous, aide toutes les personnes vivant ici, et pas seulement celles qui vivent avec des handicaps. Nous accordons une grande importance à la recherche de solutions durables aux problèmes systémiques liés à l’équité et aux droits de l’être humain. En outre, nous nous engageons à soutenir les divers réseaux de personnes handicapées avec lesquels nous collaborons en abordant les problèmes auxquels ils sont confrontés.

S’aligner avec la justice sociale

Par conséquent, notre travail est guidé par les principes de justice sociale énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées (CDPH) et divers autres cadres internationaux de justice sociale, et s’aligne sur ces principes. Nous possédons une vaste expérience en matière de suivi des droits des personnes handicapées, de formation et d’éducation aux droits de l’être humain, de recherche sociale appliquée et d’évaluations axées sur l’utilisation. 

Notre travail est destiné à être utile à un large éventail de publics, y compris les personnes ayant une expérience vécue du handicap, les OPH et autres organisations de personnes handicapées, ainsi que d’autres organisations à but non lucratif, les gouvernements, les bailleurs de fonds et le grand public. Notre travail est également guidé par les meilleures pratiques en matière d’accessibilité et de mobilisation des connaissances.

Devenir une organisation bilingue

En nous efforçant de devenir une organisation véritablement bilingue (Plan stratégique d’Eviance 2017), nous avons constaté qu’il n’existait pas de traduction exacte en français du nom légal du ” Canadian Centre on Disability Studies Incorporated ” (Centre canadien d’études sur le handicap).  En 2018, nous avons donc lancé le nouveau nom de l’organisation ” Eviance ” qui représente un amalgame de trois activités principales du CCDS, plus précisément ” evidence ” (preuves), ” advancement ” (progrès) et ” vie “. 

Eviance est donc un centre de connaissances communautaire sur les questions liées au handicaps (y compris les études sur le handicap mais pas seulement, y compris la justice pour les personnes handicapées mais pas seulement), qui adopte une approche intersectionnelle et réflexive, des droits de l’être humain dans tous nos travaux (c’est-à-dire les projets communautaires, l’éducation, le développement inclusif, et la mobilisation des connaissances).

Eviance comme partenaire communautaire de STARCAP

Note de l’éditeur : Dans cette section, Susan explique comment Eviance contribue à rendre plus accessible le programme d’action climatique Synergia Transition and Resilience, ou STARCAP. L’un des éléments clés de STARCAP est un cours en ligne ouvert et massif (MOOC), qui est utilisé pour aider à mobiliser l’action climatique menée par les communautés.

Nous avons d’abord pensé qu’il pourrait y avoir des obstacles pour les communautés diversifiées de personnes handicapées après avoir examiné le programme du MOOC. Nous l’avons immédiatement signalé au chef de projet STARCAP et une réunion a été immédiatement organisée avec le chef de projet et le gestionnaire du CCEDNet pour discuter des obstacles perçus pour un engagement significatif des diverses communautés de personnes handicapées. Nous avons convenu de concentrer nos efforts sur la fourniture d’un retour d’information sur les problèmes d’accessibilité et les solutions potentielles, dans le cadre du programme MOOC et des processus associés du RCDEC.  

De plus, nous avons convenu qu’un plus petit groupe de participants s’engagerait dans le programme STARCAP, avec l’espoir que pour l’année à venir, le programme STARCAP serait amélioré en ce qui concerne l’accessibilité et l’inclusion, et qu’Eviance pourrait facilement et éthiquement inviter les communautés diversifiées de personnes handicapées à s’engager de manière significative et à apprendre ensemble sur l’action climatique et sur la manière dont les communautés diversifiées de personnes handicapées pourraient vouloir s’engager dans son secteur et plus largement avec les partenaires de la société civile sur cette question clé. Nous travaillons actuellement en tant que partenaire communautaire avec STARCAP et mettons en œuvre l’action climatique dans le cadre de notre programme de leadership pour la jeunesse.

En apprendre d’avantage

Eviance est un contributeur important à une société plus équitable et nous encourageons tous nos membres à en savoir plus sur eux et à consulter leur nouveau site web : https://www.eviance.ca  


Vous souhaitez recevoir les communiqués des membres mais vous n’êtes pas encore membre ? Inscrivez-vous au RCDÉC dès aujourd’hui ! 

Et si vous êtes déjà membre et que vous souhaitez être mis en avant dans un prochain communiqué, faites-le nous savoir ! Envoyez un courriel à .

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L’an dernier, lors de la Journée internationale de la jeunesse (12 août), les Nations Unies ont affirmé que la solidarité intergénérationnelle est cruciale pour l’action climatique :

« La jeunesse est en première ligne lorsqu’il s’agit de faire face aux impacts des défis du changement climatique sur le long terme », a déclaré Ovais Sarmad, secrétaire exécutif adjoint d’ONU climat. « La jeune génération est une génération qui a grandi avec le changement climatique et qui demande à juste titre une solidarité intergénérationnelle et l’inclusion de leurs demandes dans l’élaboration des politiques. »

La jeunesse a toute sa vie devant elle sur une planète en crise, et il est absolument vrai que les politiques climatiques doivent prendre à cœur leurs besoins, leurs demandes et leurs rêves.

Toutefois, les jeunes ne sont pas les seuls à avoir besoin de solidarité intergénérationnelle, maintenant et à l’avenir. Par exemple, les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux risques en cascades en matière de santé et d’économie liés à la crise environnementale. De plus, dans le cadre de systèmes d’oppression imbriqués tels que le colonialisme, le racisme, le capacitisme et le classisme, les personnes de tous les âges sont à risque.

La solidarité intergénérationnelle efficace exige que nous comprenions que les lignes de front des changements climatiques sont expansives, et alors que la crise s’intensifie, elles sont aussi en expansion. L’envergure du problème peut être déstabilisant, mais il offre aussi une occasion essentielle de créer un « nous » plus grand (en anglais). Si nous sommes tous et toutes touchées par la crise climatique, alors nous avons tous et toutes un intérêt important à entreprendre des actions collectives, efficaces et soutenues.

Pour créer un « nous » qui inclut les personnes de tous les âges, les jeunes personnes doivent reconnaître que leurs besoins, leurs demandes et leurs rêves sont liés avec ceux de leurs aînées et aînés et vice-versa. Heureusement, les économies communautaires fournissent un lieu soutenant pour entretenir une telle solidarité.

Prenez en considération Climate Action Team (CAT), une coalition d’organisations manitobaines (plusieurs d’entre elles sont membres du RCDÉC). CAT a publié Manitoba’s Road to Resilience, une série de rapports qui présentent une trajectoire atteignable et concrète vers un avenir qui peut résister aux phénomènes climatiques, tout en prenant en considération les impacts humains et économiques. Plusieurs principes et pratiques du DÉC sont à la base de la trajectoire, tels que l’approvisionnement social, une transition juste pour la main-d’œuvre, et la souveraineté alimentaire locale, entre autres.

Afin de pousser les responsables des politiques à mettre en œuvre le plan Road to Resilience, CAT a lancé Consider Climate, MB plus tôt cet été. Cette campagne communautaire non partisane génère déjà un intérêt important, et selon Bethany Daman du CAT, la solidarité intergénérationnelle est une des clés de sa réussite dès le départ.

Bethany affirme « Lors du lancement de notre campagne en juillet, il y avait, parmi les personnes présentes, des personnes de tous les âges, de jeunes de l’âge de l’école élémentaire à des personnes âgées, qui vivent toutes et tous des inquiétudes face aux changements climatiques. Il y avait quatre orateurs et oratrices qui ont parlé des raisons pour lesquelles ils et elles croient que l’action climatique est tellement importante : une jeune personne, un futur parent, un grand-parent et une infirmière à la retraite. L’histoire de chaque individu a été en mesure de connecter et de trouver un écho auprès des personnes de manière différente et la rétroaction que nous avons reçue par rapport à l’engagement intergénérationnel intentionnel était que ça aidait vraiment les personnes à se sentir liées. Il y avait moins de « oh, ce mouvement n’est pas pour moi », mais plutôt des « je vois que d’autres personnes comme moi sont engagées, il doit y avoir de l’espace pour moi aussi. »

Les propositions volontaires arrivent presque quotidiennement de personnes de toutes les générations qui souhaitent s’engager dans la campagne Consider Climate car elles reconnaissent que les changements climatiques les affectent elles-mêmes, et qu’elles affectent aussi les générations futures qu’elles aiment profondément. Les grands-parents nous disent constamment qu’ils et elles s’engagent en raison de leur inquiétude pour le futur de leurs petits enfants.

Nous voyons déjà les impacts de cet engagement intergénérationnel, la campagne Consider Climate est de loin la campagne avec le plus d’impact sur laquelle nous avons travaillé, et elle ne fait que commencer. »

Favorisez-vous la solidarité intergénérationnelle dans votre communauté? Si c’est le cas, répondez à ce courriel avec les conseils, les idées ou les questions que vous aimeriez partager avec le secteur du DÉC. Nous rassemblerons ces contributions et les diffuserons à l’aide de nos médias sociaux.

Lisez l’intégralité de l’entretien avec Bethany ci-dessous (en anglais).

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Ben Losman

Ben gère les communications pour le RCDÉC. Il a aussi aidé à mettre en œuvre et gérer des projets tels que CréeAction et le programme de leadership communautaire.

Avant de se joindre au RCDÉC, Ben a été responsable de communications et de la programmation pour de nombreuses organisations à vocation sociale aux É.-U., au Canada et en Inde. Sa perspective professionnelle est façonnée par ses études en éducation à la justice sociale et à ses expériences dans le monde de l’activisme anticolonial et de l’éducation populaire.

La communauté idéale de Ben est créée autour de principes de souveraineté autochtone, de justice écologique, de l’abolition des prisons, du transport public gratuit et merveilleux et d’un accès abondant à de la bonne nourriture locale.

À l’extérieur du travail, Ben aime explorer le monde avec ses enfants, participer à des mouvements pour l’amour et la justice et lire.

Ben Losman

Le Réseau canadien de développement économique communautaire a lancé un nouveau projet ! « Action communautaire pour le développement de la main-d’œuvre » est un projet novateur financé par le gouvernement du Canada par le biais du Programme de développement de la main-d’œuvre des communautés.

Le présent projet fait l’essai de modèles intersectionnels de planification de la main-d’œuvre menés par les communautés dans trois municipalités rurales à travers le Canada: Arnprior (ON), Slave Lake (AB) et Golden (C.-B.). Ces modèles soutiennent des stratégies de diversification économique qui agissent sur les changements climatiques et contribuent à la croissance propre.  

Dans chaque communauté, le processus implique des petites et moyennes entreprises d’une gamme d’industries et de secteurs ainsi que des organisations communautaires et des organismes publics pertinents dans la planification communautaire de la main-d’œuvre, la formation et les placements de travail afin d’offrir de la formation de perfectionnement et de réorientation, des soutiens complets et des placements de travail. 

Le RCDÉC travaille avec les partenaires suivants pour mener à bien ce projet : 

  • Factor 5 Group (Factor 5) : Factor 5 est responsable pour l’engagement communautaire et agit comme point de contact pour les agences municipales et commerciales qui souhaitent participer au projet.
  • Le Programme de données communautaires (PDC) : CDP prépare un portail de données sur le développement de la main-d’œuvre dans les communautés rurales pour toutes les municipalités au Canada afin de fournir des données secondaires qui peuvent aider ces communautés à élaborer leurs propres plans de développement de la main-d’œuvre et à réaliser un projet similaire.

Veuillez cliquer ici pour en apprendre plus et voir de manières de s’y impliquer !

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